Le Figuier a organisé une soirée théâtrale le samedi 17 octobre 2026 à 19h, salle Henri Berger au Conseil Départemental, située 1 rue Joseph Tissot, 21000 Dijon.

La pièce, mise en scène par Pierre Louis pour le Théâtre de la Clairière, s’intitule « La moitié du ciel », d’après le livre « Jésus, l’homme qui préférait les femmes » de Christine Pedotti*. Les trois interprètes évoquent le rôle des femmes dans les Evangiles et comment Jésus interagit avec elles, en soulignant son approche non conventionnelle et égalitaire des femmes de son époque.

*Christine Pedotti est une autrice/journaliste connue (ancienne présidente des Conférences de Carême de Notre-Dame, engagée sur la place des femmes dans l’Église).

Télécharger l’affiche Nous remercions vivement le Conseil Départemental pour la mise à disposition de la salle.

Photos prises pendant la représentation

130 personnes se sont pressées ce samedi 17 octobre pour LA MOITIE DU CIEL, ce spectacle porté par l’Association LE FIGUIER. La relation privilégiée de Jésus avec les femmes de les évangiles, avait été le sujet d’un livre de la théologienne Christine Pedotti. La pièce du Théâtre de la Clairière jouée admirablement par 2 femmes et un homme, est une adaptation scénique de Pierre LOUIS originaire de Besançon.

Anna est jouée par Alix Baudoin auteure, comédienne et enseignante à Lyon. A participé aux créations du Théâtre de la Clairière depuis 2010. Derniers rôles joués : Julie Follavoine dans On purge bébé de Feydeau, Mara dans L’Annonce faite à Marie de Claudel.

Inès est jouée par Lisa Courvallet comédienne, formation au Conservatoire de Genève et aux Teintureries de Lausanne. Dernier rôle joué : Amaeri dans Les Enfants du Rhône de Ed Wige, mise en scène Christophe Burgess au Theatre du Grūtli Genève et à Sierre.

Mathias est en réalité Tony Martorano comédien, chanteur, intervenant à la Comédie de Besançon et dans les spectacles historiques de la Citadelle de Besançon. Avec le Théâtre de la Clairière a interprété Jacques Hury dans L’Annonce faite à Marie.

On s’imaginait Jésus entouré d’une garde rapprochée de douze hommes, les femmes demeurant à distance comme un fond de décor. Dans son ouvrage Jésus, l’homme qui préférait les femmes, Christine Pedotti, essayiste et romancière, nous le fait découvrir en conversation avec de nombreuses femmes. Jésus les côtoie, les touche et se laisse toucher. Elles questionnent, elles argumentent, il les écoute. Cette lecture rigoureuse des quatre évangiles canoniques est renversante. Non seulement Jésus était en avance sur son temps, mais il devance aussi le nôtre en n’assignant pas aux femmes un rôle lié à leur sexe.

Inès déclare au cours de la pièce, à propos de la veuve de Naïm « Les amis, ce qui serait un bon tour, pour marquer la sortie de vingt siècles de lecture masculine de l’Evangile, c’est que cette femme sans nom que Jésus a vue, qu’il a déliée de sa servitude, et dont il fait un membre à part entière de la communauté, c’est que cette fille d’Abraham soit choisie pour être l’une des patronnes des féministes chrétiennes… ».

Inès déclame « Les disciples que Marie de Magdala doit revoir sont désignés pour la première fois comme frères de Jésus, enfants d’un même Père. Marie de Magdala est porteuse de l’annonce de l’ouverture à la fraternité universelle. Rien de moins »

2 grands moments dramatiques de la pièce : La femme surprise en flagrant délit d’adultère d’une part et l’annonce de la Résurrection

– L’un des accusateurs de la femme dit dans la bouche d’Anna « Dans la loi, Moïse nous a prescrit… » Elle prend une pierre et la brandit ostensiblement en direction du public. «Toi donc qu’en dis-tu ? ». On connait la suite. Inès reprendra les propos de la théologienne « De l’appeler femme a restauré la coupable dans sa dignité ».

– L’annonce de la Résurrection qui fait dire à Matthias « Heureusement qu’au jour de la Résurrection, Marie-Madeleine et les autres femmes ne se sont pas tues ! » et à Inès « Pourtant, force est de constater que les usages n’ont pas été modifiés. Les chrétiens n’ont pas transformé les sociétés même quand ils y sont devenus majoritaires. Ils ont coulé leurs règles et leurs pratiques dans celles de leur temps… et les femmes sont retournées au silence ». Anna reprend « Ah ! ce silence historique des femmes. Sophocle déjà, en son temps, l’avait signalé comme un attribut existentiel : « le silence, ornement de la femme… ». Inès et Anna jouent alors deux femmes qui s’étant désaltérées, échangent, en muet, les mots de la Samaritaine, puis ceux de Marie de Magdala. Cela devient une pantomime, jouée en accéléré : un silence assourdissant. Alors que Jesouah disait « Donne-moi à boire… C’est moi, celui qui te parle…Va vers mes frères, va leur dire… ». Matthias conclue « C’est ainsi que l’on pourrait terminer, par un silence criant ».

Laissons le mot de la fin de cet article à une déclaration d’Anna « Jésus avec les femmes dans les évangiles, cela fonctionne comme au théâtre… Je m’explique. Le théâtre est le lieu où la parole se libère ».

Pourquoi LE FIGUIER a choisi ce spectacle qui aborde la question des femmes dans les évangiles ? 

– Le Figuier dès sa constitution en 2018 en Côte d’Or, puis sa création sous forme d’association, a toujours eu une approche inclusive de l’Eglise.

– Aujourd’hui, nous proposons une pièce qui présente l’importance et la dignité accordées aux femmes par Jésus avec une lecture fidèle à l’Evangile.

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OUVERTURE SUR UN PAN OUBLIE DE L’EVANGILE

20 octobre 2026

Cette astucieuse mise en scène de Pierre Louis, et les riches réparties des acteurs, ont contribué à rendre visuelle et sonore cette adaptation scénique du livre de Christine Pedotti !

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Jean-Philippe PRUNIER